Un échange d'idées incomplet.
Responsable du développement professionnel depuis de nombreuses années, Mme Nguyen Thi Kim Hue, directrice adjointe de l'école maternelle Hoa Mai (Cam Lo, Quang Tri ), s'inquiète du fait que, malgré de bonnes performances selon le plan établi, les enseignants éprouvent des difficultés à s'auto-évaluer et à adapter leurs pratiques pédagogiques. De ce fait, l'innovation ne provient pas véritablement de chaque enseignant, mais reste largement fondée sur le simple respect des consignes.
Après avoir participé à une formation dans le cadre du projet TALK mis en œuvre par l'Organisation flamande de coopération au développement et d'assistance technique (VVOB) du Royaume de Belgique, Mme Hue a été initiée aux techniques de coaching, une méthode qui privilégie le questionnement et l'écoute plutôt que les commentaires ou conseils directs.
L'occasion de tester cette approche s'est présentée lors d'une observation de cours de littérature mené par l'enseignante Thu Hoai, portant sur le conte « Le Renard, le Lapin et le Coq ». Le cours était bien préparé, tant au niveau du matériel pédagogique que de l'organisation. Cependant, l'observatrice a été préoccupée par le manque d'interactions authentiques en classe : les enfants écoutaient principalement, les questions portaient sur la mémorisation du contenu et les échanges entre l'enseignante et les élèves étaient limités.
Lors de la discussion suivant le cours, au lieu de donner un retour direct, Mme Hue a choisi de commencer par des questions ouvertes afin d'inciter les enseignants à réfléchir à leurs propres leçons. Mme Hoai a commenté que le cours était « très bon », que les activités s'étaient déroulées comme prévu et qu'elle ne voyait aucune nécessité d'ajustement.
L'échange ralentit peu à peu. Les questions de Mme Hue semblaient mettre le doigt sur un point que Mme Hoai n'avait jamais envisagé. Interrogée sur le système de questions ou l'organisation des activités, Mme Hoai parut quelque peu décontenancée, restant silencieuse un instant avant de répondre avec une certaine prudence : « Euh… je n'y ai pas encore réfléchi. »
Mme Hue remarqua l'air perplexe de l'enseignante et comprit soudain qu'un seul échange ne suffirait pas. La séance de coaching s'acheva sans réponse claire, mais laissa matière à réflexion aux deux parties.
« À ce moment-là, je me suis demandée si j'avais vraiment créé un environnement sûr pour que les enseignants puissent s'exprimer, ou si, par inadvertance, je leur avais donné le sentiment d'être jugés », se souvient Mme Hue.

Répondez par des changements positifs.
Trois jours plus tard, à sa grande surprise, l'enseignante Thu Hoai s'approcha d'elle, visiblement enthousiaste : « Maîtresse, aujourd'hui j'ai essayé une autre façon d'enseigner la narration », dit-elle. « J'ai opté pour une approche plus ouverte, en laissant les questions ouvertes, et j'ai demandé aux enfants de jouer la scène de la poursuite du renard. Ils ont beaucoup ri et ont même improvisé des dialogues. J'ai constaté que la classe était devenue beaucoup plus dynamique. »
Il n'y avait ni formulaire de retour d'information détaillé, ni instructions précises. Le changement est né d'une démarche d'introspection menée par les enseignants eux-mêmes, à partir des questions restées sans réponse lors de la discussion précédente.

Pour Mme Hue, ce fut un moment décisif, car le changement ne résulta pas des conseils, mais de son introspection et de sa décision de modifier ses pratiques. Les questions posées lors de la séance de coaching, bien qu'incomplètes, ont subtilement instauré un espace de réflexion, permettant à l'enseignante de réexaminer ses pratiques.
Forte de cette expérience, l'école a non seulement modifié les interactions entre les individus, mais a également adapté l'organisation des sessions de développement professionnel afin de renforcer l'accompagnement et la réflexion approfondie. Au lieu de se concentrer sur le jugement binaire du bien et du mal, les sessions ont privilégié le questionnement, l'écoute et l'encouragement des enseignants à partager leurs réflexions. L'application et la combinaison des techniques apprises grâce au projet TALK ont permis aux enseignants de gagner progressivement en confiance et en proactivité dans l'observation des enfants, ce qui leur a permis d'adapter les activités et l'organisation de la classe de manière centrée sur l'enfant.

Selon Mme Hue, la véritable valeur du coaching ne réside pas dans la fourniture de réponses immédiates ni dans l'obtention de résultats instantanés, mais dans le fait d'aider les enseignants à prendre conscience qu'ils peuvent trouver leurs propres réponses. Et lorsque cela se produit, le changement n'est plus une obligation, mais un choix volontaire pour chaque enseignant.
| VVOB est une organisation à but non lucratif belge présente au Vietnam depuis 1992. Depuis 2014, ses activités au Vietnam se concentrent exclusivement sur l'éducation . Le projet TALK (Early childhood teachers applying knowledge and teaching skills to create a language-rich learning environment for children) est mis en œuvre de 2022 à 2026 dans les provinces de Quang Tri, Tuyen Quang et Gia Lai. Il vise à soutenir les enseignants et les responsables de la petite enfance par le biais de formations, d'accompagnement, d'ateliers de réflexion et d'autres activités. |
Bich Dao
Source : https://vietnamnet.vn/tu-gop-y-sang-khai-van-cach-lam-moi-trong-quan-ly-chuyen-mon-mam-non-2526786.html







